Mardi 15 septembre 2009

"Le 15 septembre 2008 ouvre l'ère du soupçon sur la fiabilité des banques." 1


     



"Si peu avancée que puisse être encore notre science de l'histoire, il est un fait qui domine toute l'époque contemporaine et forme la caractéristique essentielle de notre âge : la toute-puissance de l'argent. Pas un rustre perdu en un village écarté qui ne connaisse le nom d'un potentat de la fortune commandant aux rois et aux princes ; pas un qui ne le conçoive sous la forme d'un dieu dictant ses volontés au monde entier. Et certes, le paysan naïf ne se trompe guère. Ne voyons-nous pas quelques banquiers chrétiens et juifs se donner le plaisir délicat de tenir en laisse les six grandes puissances, de faire manœuvrer les ambassadeurs et les rois, de signifier aux cours d'Europe les notes qu'ils rédigent sur leurs comptoirs ? Cachés au fond de leurs loges, ils font représenter pour eux une immense comédie dont les peuples mêmes sont les acteurs et qu'animent gaiement des bombardements et des batailles : beaucoup de sang se mêle à la fête. Maintenant ils ont la satisfaction de tenir leurs officines dans les cabinets des ministres, dans les secrètes chambres des rois et de diriger à leur guise la politique des États pour le besoin de leur commerce. De par le nouveau droit public européen, ils ont affermé la Grèce, la Turquie, la Perse, ils ont abonné la Chine à leurs emprunts, et ils se préparent à prendre à bail tous les autres États, petits et grands. « Princes ne sont et rois ne daignent », mais ils tiennent en main la monnaie symbolique devant laquelle le monde est prosterné." 2

 

1. Un médiocre gratte-papier du journal le Monde, Il y a un an, la chute de Lehman Brothers. Un dénommé Antoine Reverchon. Revercher signifie d'ailleurs boucher les trous, réparer les défauts.

2. Elisé Reclus, L'évolution, la révolution et l'idéal anarchique, 1902.

Illustrations: Daumier Honoré, Célébrités du Juste Milieu (Antoine Odier (1766-1853), banquier, député et pair de France, Benjamin Delessert (1773-1847), industriel, député, régent de la Banque de France, Jacques Lefevre (1773-1856), banquier, député, régent de la Banque de France), Musée d'Orsay, Paris.

Par Christophe - Publié dans : Opinions
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 15 septembre 2009

"Nous connaissons tous le parvenu qui s'enrichit. Il est gonflé presque toujours par l'orgueil de la fortune et le mépris du pauvre. « En montant à cheval, dit un proverbe turkmène, le fils ne connaît plus son père ! » - « En roulant dans un char, ajoute la sentence hindoue, l'ami cesse d'avoir des amis. » Mais toute une classe qui parvient est bien autrement dangereuse qu'un individu : elle ne permet plus à ses membres isolés d'agir en dehors des instincts, des appétits communs ; elle les entraîne tous dans la même voie fatale. L'âpre marchand qui sait « tondre un oeuf » est redoutable ; mais que dire de toute une compagnie d'exploitation moderne, de toute une société capitaliste constituée par actions, obligations, crédit ? Comment faire pour moraliser ces paperasses et ces monnaies ? Comment leur inspirer cet esprit de solidarité envers les hommes qui prépare la voie aux changements de l'état social ? Telle banque composée de purs philanthropes n'en prélèverait pas moins ses commissions, intérêts et gages : elle ignore que des larmes ont coulé sur les gros sous et sur les pièces blanches si péniblement amassés, qui vont s'engouffrer dans les coffres forts à chiffres savants et à centuple serrure. On nous dit toujours d'attendre l’œuvre du temps, qui doit amener l'adoucissement des mœurs et la réconciliation finale ; mais comment ce coffre-fort s'adoucira-t-il, comment s'arrêtera le fonctionnement de cette formidable mâchoire de l'ogre, broyant sans cesse les générations humaines ?



Oui, si le capital, soutenu par toute la ligue des privilégiés, garde immuablement la force, nous serons tous les esclaves de ses machines, de simples cartilages rattachant les dents de fer aux arbres de bronze ou d'acier ; si aux épargnes réunies dans les coffres des banquiers s'ajoutent sans cesse de nouvelles dépouilles gérées par des associés responsables seulement devant leurs livres de caisse, alors c'est en vain que vous feriez appel à la pitié, personne n'entendra vos plaintes. Le tigre peut se détourner de sa victime, mais les livres de banque prononcent des arrêts sans appels ; les hommes, les peuples sont écrasés sous ces pesantes archives, dont les pages silencieuses racontent en chiffre, l'œuvre impitoyable. Si le capital devait l'emporter, il serait temps de pleurer notre âge d'or, nous pourrions alors regarder derrière nous et voir, comme une lumière qui s'éteint, tout ce que la terre eut de doux et de bon, l'amour, la gaieté, l'espérance. L'Humanité aurait cessé de vivre."

 

 

Élisée Reclus, L'évolution, la révolution et l'idéal anarchique.
Illustration:
Klapheck Konrad, Les arrivistes, 1959, Centre Georges Pompidou.

 

Par Christophe - Publié dans : Dans les livres
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 27 août 2009




Jhelisa, Inner City Life

Par Christophe - Publié dans : Musique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 12 mai 2009
«On a passé du bon temps ensemble, dans une belle région et avec de bonnes conditions de travail. Et surtout un public chaleureux. C'était agréable. Malgré les difficultés en ce moment, la vie de groupe est très bonne. Evian a permis de nous retrouver. J'espère que ça va contribuer à apporter une certaine fraternité entre nous.»




Jean-Alain Boumsong, Lyon - Prolonger l'esprit d'Evian, L'Equipe, 11 mai 2009.
Par Christophe
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Que la lumière soit...

Off  | On   

Musiques

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus